Logo du Musée canadien de la nature Sila : les énigmes du climat
Sila : les énigmes du climat
Accueil Enseignants Glossaire Plan du site English
Sila : les énigmes du climat Introduction Aventure Sensibilisation Et maintenant? Jeu

Simuler les changements climatiques


Ryan : Oh! Voyez-vous beaucoup d'OVNI dans l'Arctique?

Morgan : Des soucoupes volantes, non, mais une fois j'ai vu un poêle volante sortir d'une tente quand ma mère a voulu chasser un carcajou. Puisque tu en parles, ne trouves-tu pas que ces choses-là ressemblent étrangement à des OVNI.

Inukshuk : Mais non, ce ne sont pas des OVNI. C'est ce qu'on appelle des chambres découvertes.

Ryan : Cela ne m'avance pas beaucoup! Si elles ne sont pas remplies de petits bonhommes verts, qu'y a-t-il dedans alors?

Inukshuk : De l'air chaud.

Ryan : Oh! Je vois! Il s'agit de machines qui volent grâce à de l'air chaud.

Inukshuk : Mais non, ces installations ne servent pas à se déplacer. Ce sont des serres. Elles sont restées bien sagement ici à chauffer les plantes depuis 1992.

Portrait de Morgan, Ryan et Inukshuk.

1) Image de chambres découvertes et de glacier.
2) Image de chambres découvertes.

Ryan : Où « ici »?

Inukshuk : Dans la toundra du Grand Nord, à l'île d'Ellesmere et plus précisément au fjord Alexandra.

Morgan : Oh là là! Impossible d'aller plus loin à moins de vouloir atteindre le pôle Nord. Vous pouvez faire pousser des citrouilles dans ces bulles? Ma tante, qui vit dans le sud, m'a un jour fait goûter à une tarte qu'elle avait confectionnée avec une citrouille de son jardin - Quel délice!

Morgan : Oui, chez moi, on en fait griller les graines et...

Inukshuk : Non, désolé, pas de citrouille.

Morgan : Mais tu disais bien que c'était des serres?

Inukshuk : C'est exact. Mais la raison pour laquelle on a installé ces serres, c'est pour chauffer l'air autour des plantes indigènes afin de voir comment elles réagiraient à un réchauffement planétaire. Avec plus de chaleur, vont-elles fleurir plus tôt? Est-ce qu'elles produiront plus de fleurs? Est-ce qu'elles pourraient croître davantage? Voici les questions auxquelles tentent de répondre les botanistes grâce à ces serres.

3) Carte de l'emplacement des plants.
4) Image de chambres découvertes avec assistant.

Ryan : Ces serres ne fonctionneraient-elles pas mieux si elles étaient couvertes?

Inukshuk : Il ne faut surtout pas qu'il fasse trop chaud là-dedans! Les modélisations par ordinateur prévoient un réchauffement planétaire de quelques degrés seulement. On s'est appliqué à concevoir des installations qui reproduisent ces variations minimes de température. L'angle et la hauteur des parois de verre, la réduction du vent et la circulation de l'air, tout a été pris en considération pour étudier les effets des changements climatiques prédits sur ces plantes.

Ryan : C'est un peu comme imiter les changements climatiques dans une bulle?

Inukshuk : Exactement.

Morgan : Je comprends. Ces serres servent à nous transporter dans l'avenir, quand il fera plus chaud, et à voir comment se comporteront les plantes quand nos petits-enfants seront adultes. Ce ne sont pas des OVNI, mais plutôt des machines à voyager dans le temps!

Inukshuk : Ce n'est pas tout à fait cela... Quoique... à bien y réfléchir, tu as peut-être raison.

Morgan : Que sont-ils en train de faire?

Inukshuk : Ils mesurent la croissance journalière des feuilles, ils comptent les tiges des fleurs, ils consignent les températures; ils effectuent toutes sortes de tâches de ce genre.

Ryan : Et qu'ont-ils découvert?

Inukshuk : Ils ont découvert que certaines plantes deviennent plus grosses lorsqu'il fait chaud. Que d'autres passent plus vite de l'état de bouton à celui de fleur. Il y a aussi des indices qui indiqueraient que, sous l'effet de températures plus chaudes, certaines espèces produiront plus de fleurs et de graines.

Ryan : Plus de fleurs? Quelle agréable perspective!

5) Image d'un chercheur mesurant le CO2.
6) Image de baies.

Inukshuk : Cela dépend du point de vue. Le réchauffement peut en effet avoir des effets positifs, particulièrement pour un insecte qui se nourrit du nectar des fleurs ou un oiseau qui mange ces bestioles. Plus de fleurs peut aussi vouloir dire plus de baies. Voilà qui est une aubaine pour un ours grizzly de la toundra qui ingurgite des milliers de baies quotidiennement pour se faire des réserves avant son long sommeil hivernal.

Morgan : Plus de petits fruits, je vais me régaler! À l'automne, nous ramassons des tonnes de baies en tous genres, bleuets, atocas, chicoutés, camarines, et nous en mangeons toute l'année...Où est le désavantage à tout cela? Qui peut bien se plaindre de plantes plus grosses et plus saines?

Inukshuk : Hé bien, puisque tu le demandes, le caribou pourrait être l'un de ceux qui y perdrait.

Morgan : Le caribou? Nous subsistons grâce au caribou, cela a toujours été le cas et cela le sera toujours. Tu as dit que les plantes pourraient se développer davantage, alors où est le problème?

Inukshuk : Quel est l'aliment préféré du caribou?

Morgan : Le lichen bien sûr. Tout le monde le sait.

Inukshuk : Et qu'arriverait-il au lichen si les petites plantes, qui t'arrivent aujourd'hui à la cheville, se mettaient à pousser du jour au lendemain?

Morgan : Hé bien... Peut-être que les lichens finiraient par manquer de place?

Inukshuk : C'est du soleil qu'ils manqueraient surtout et ils en ont besoin eux-aussi. Dans de vastes régions de l'Arctique, les communautés de lichens pourraient donc souffrir, et ce serait aussi le cas des caribous.

Ryan : C'est de mauvaise augure. Mais que pouvez-vous dire des effets du réchauffement planétaire sur les plantes et les animaux de l'Arctique à partir de cette petite expérience menée au sommet du monde?

Inukshuk : Bonne question. Il est encore trop tôt pour savoir, comme le disent eux-mêmes les scientifiques; ils ne possèdent pas encore toutes les données. Il existe, dans le monde, plusieurs expériences analogues sur les plantes arctiques, mais beaucoup d'entre elles commencent à peine. Même si vous avez baptisé ces serres des machines à remonter le temps, il faudra encore de nombreuses années et des données de plusieurs sites pour mieux comprendre comment les plantes, et les animaux qui en dépendent, réagiront aux changements climatiques. Chaque année, les scientifiques établissent de nouveaux sites en vue de se faire une idée plus précise de ce que l'avenir nous réserve.

Ryan : Restez à l'écoute. Une armada de serres à ciel ouvert viendra s'installer sur un coin de toundra près de chez vous!

Morgan : Alors si ces bulles atterrissent...

Inukshuk : N'oubliez pas que ces serres ne sont pas faites pour voler. Elles servent simplement à abriter la croissance des plantes.

Morgan : C'est vrai. Je veux dire... si quelques-unes de ces serres apparaissaient un jour près de chez moi, pourrais-je planter quelques graines de citrouille au moins dans une d'entre elle? Miam, je peux presque sentir l'odeur de cette tarte... à titre d'expérience scientifiques bien sùre!

Inukshuk : Désolé, c'est impossible.

Morgan : Quelques pommes de terre alors? Il n'y a rien comme...

Inukshuk : Et non.

Ryan : De belles tomates rouges?

Inukshuk : Tout à fait impossible.

Morgan : Je crois qu'il va falloir que je construise ma propre serre. J'imagine que ces machins-trucs sans toit sont des outils drôlement précieux pour prédire l'avenir.

Inukshuk : Tu as entièrement raison, mon ami. Extrêmement précieux. Pour toi, pour la terre, pour le caribou, pour tout le monde.

Ryan : Attendez, avez-vous vu ce que j'ai...

Inukshuk : Impossible. Absolument impossible!

Sources d'images :

  1. Greg Henry, University of British Columbia
  2. Greg Henry, University of British Columbia
  3. Isoceles Information Solutions Inc.
  4. Greg Henry, University of British Columbia
  5. Greg Henry, University of British Columbia
  6. Lynn Gillespie, Musée canadien de la nature (MCN)


Mise à jour : 2006-08-09    © nature.ca   Avis importants
Un site créé par le Musée canadien de la nature, en collaboration avec ses partenaires.