À la recherche des fossiles
Le repérage du site
Vue aérienne de la rivière Rhinocéros, dans le cratère Haughton. La roche gris pâle en arrière-plan est la formation Haughton.
Les paléontologues commencent souvent à préparer leur saison de fouille en cherchant des couches rocheuses d’un type et d’un âge donnés. Par exemple, les mammifères fossiles sont fréquemment mis au jour dans des roches composées de sédiments de rivière ou de lac datant des 65 derniers millions d’années.
Comment les paléontologues savent-ils où se trouvent les couches rocheuses désirées? Ils étudient la géologie d’une région en lisant des publications géologiques, en étudiant des cartes géologiques et topographiques, et en consultant des photographies aériennes.

Natalia Rybczynski et Liz Ross discutent avec le pilote d'hélicoptère, Gerry Greeing, pour tenter de localiser d'éventuels sites fossilifères dans le cratère Haughton.
La recherche de la roche propice n’est que la première étape. La découverte d’un site fossilifère peut requérir une longue prospection. Et lorsqu’ils en trouvent un, les chercheurs y retournent souvent pendant plusieurs années, car de nouveaux fossiles peuvent apparaître sous l’effet continu de l’érosion.
C’est une stratégie semblable qu’a suivie Natalia Rybczynski pour organiser les expéditions arctiques qui ont mené à la découverte du fossile de Puijila darwini. Les dépôts lacustres du cratère Haughton étaient connus pour l’impressionnante variété de mammifères fossiles mis au jour dans les années 1970 et 1980. Natalia Rybczynski a invité la paléontologue Mary Dawson à participer aux expéditions. Cette dernière avait en effet dirigé la plupart des premières fouilles réalisées dans la région et pouvait pointer les anciens sites.
Les aléas du Grand Nord
L’éloignement et le climat rigoureux de l’Arctique compliquent sérieusement les expéditions paléontologiques.
Natalia et Liz dans un avion Twin Otter quittant le cratère Haughton au terme de la première expédition.
L’absence de routes rend essentiel le recours aux petits avions et aux hélicoptères. Faire les bagages peut devenir un véritable casse-tête en raison des limites constantes de poids et d’espace. Il faut s’en tenir au strict nécessaire en matière d’équipement, de nourriture, d’eau et d’effets personnel sans pour autant négliger les urgences et les imprévus. Fort heureusement, les fossiles obtiennent de plus en plus de place à mesure que les provisions alimentaires s’amenuisent.
Dans l’Arctique, le temps peut changer sans crier gare, passant d’un beau ciel bleu à des vents violents et des chutes de neige. Comme les avions ne se déplacent que par temps favorable, les équipes de recherche doivent s’attendre à de fréquents et imprévisibles retards. Voilà pourquoi une provision d’urgence en eau et en nourriture est indispensable.
Avoir l’oeil
La prospection de fossiles requiert énormément de temps et de patience. On peut chercher des jours, voire des semaines, sans rien trouver d’intéressant. Les équipes se divisent en petits groupes afin de parcourir une plus grande superficie.
Une vertèbre de Puijila au moment de la découverte. Elle mesure environ 3 cm de longueur.
Les fossiles peuvent être enfouis dans les sédiments (matrice) ou partiellement exposés. Ils sont souvent incomplets, broyés, fracturés et fragmentés. Une technique de repérage fréquemment employée consiste à avoir en tête une « image de recherche ». Il s’agit de visualiser la forme et les caractéristiques de ce que l’on cherche, par exemple le contour, la taille, la porosité et la couleur d’un os. Découvrir un fossile nécessite un mélange de chance et de savoir-faire!
La découverte
Le fossile qui vient d’être mis au jour est-il la boîte crânienne que l’on cherche? Dans cette série de photos, Mary Dawson se montre d’abord sceptique. Elle mouille le spécimen pour mieux le voir, elle l’examine de près. Voyez sa mine réjouie lorsqu’elle confirme qu’il s’agit bien du morceau manquant.
Vous devez avoir la version la plus récente de Flash Player pour voir ce montage de photos. Vous pouvez télécharger le logiciel directement du site d’Adobe.
Souvent, les fossiles mis au jour sont fragmentés, broyés et incomplets. Dans l’Arctique, ils le sont encore plus en raison des cycles de gel et de dégel qui entraînent un mouvement saisonnier des couches supérieures du sol. Dans ces conditions, la découverte du fossile de Puijila, déjà remarquable en soi, devient tout à fait étonnante puisqu’on a trouvé un squelette complet à 65 %.
Guide de poche des fossiles de la Formation Haughton
La Formation Haughton contient des fossiles remarquables. Parce qu’ils nous éclairent sur l’histoire de la vie, ces vestiges sont extrêmement précieux. Il importe d’utiliser les méthodes appropriées pour manipuler ceux que l’on découvre. Comme ce ne sont pas toujours les paléontologues qui trouvent les fossiles dans la Formation Haughton, Natalia Rybczynski et Marisa Gilbert ont mis au point un guide de poche très pratique. Il fournit, étape par étape, les mesures à suivre pour protéger le fossile et les renseignements que l’on peut en tirer.










