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Texte : « Puijila » en caractères inuktituts. Puijila, le phoque qui marchait. Collage de photos : linaigrette de Scheuchzer, Eriophorum scheuchzeri; l'équipe de recherche sur le terrain; le fossile de Puijila darwini reconstitué; un rocher dans le cratère Haughton, deux paléontologistes tamisant des sédiments.
Texte : English.
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Texte : Téléchargez les caractères inuktituts.
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Origine géographique

L’Arctique : centre d’évolution

Distribution des pinnipèdes primitifs

Illustration 1) Aire de répartition des pinnipèdes primitifs en Amérique du Nord et dans l'Arctique circumpolaire. Sont représentés : un ancêtre ressemblant à Puijila, le parcours théorique d'un ancêtre ressemblant à Puijila, la lignée des otaries (Otariidae), la lignée des phoques (Phocidae), les phoques à quatre pattes Semantor et Potamotherium.

Quelques lignages anciens de la famille des pinnipèdes apparaissent ici. La ligne pointillée rouge indique les différentes voies qu’aurait pu emprunter un ancêtre ressemblant à Puijila pour se disperser à partir de l’Arctique. Ce modèle de dispersion constitue une nouvelle hypothèse selon laquelle l’Arctique serait le centre à partir duquel auraient évolué les pinnipèdes. Les gros points marquent les sites où les espèces indiquées ont été mises au jour. Les zones contenant beaucoup de fossiles de cette famille (le long des côtes) sont dépourvues de points.

Cette vue de la région polaire montre les continents tels qu’ils se présentaient à l’époque de Puijila, il y a quelque 20 à 24 millions d’années. Notez que l’archipel Arctique canadien était alors une masse continentale continue. Le pont terrestre formé par l’isthme de Béring reliait l’Amérique du Nord à l’Eurasie.

La région de la planète où l’on a mis au jour le fossile de Puijila darwini revêt presque autant d’importance que les renseignements que nous livre le fossile lui-même.

En effet, l’existence d’une forme si primitive de pinnipède dans l’Arctique donne à penser que la masse continentale de Arctique ancienne pourrait avoir été un site d’origine des lignées de pinnipèdes qui ont donné naissance aux formes modernes. (Le groupe des pinnipèdes comprend aujourd’hui les phoques, les otaries et le morse.)

En d’autres mots, il existe en théorie une espèce qui serait l’ancêtre de tous les pinnipèdes. Elle a pu exister n’importe où. Mais dans l’Arctique, son évolution a engendré plusieurs branches de l’arbre généalogique des pinnipèdes. Puijila est l’une d’entre elles. Certaines se sont éteintes, d’autres ont évolué.

Dans leur état actuel d’évolution, les pinnipèdes sont représentés par les phoques, les otaries et le morse.

Les pinnipèdes ont fini par se répandre dans tous les océans du monde, à l’exception de l’océan Indien. En Amérique du Nord, les otaries occupent la côte du Pacifique, tandis que les morses se rencontrent au nord, le long des océans Arctique et Pacifique ainsi que dans la baie d’Hudson. Quant aux phoques, ils fréquentent l’Arctique ainsi que les côtes de l’Atlantique et du Pacifique. On retrouvait même une espèce de phoque le long des côtes de la Floride et dans les Caraïbes, mais elle est disparue depuis quelques décennies.

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Illustration 3) Natalia Rybczynski tient la boîte crânienne de Puijila darwini. Spécimen NUFV405.