Un chaînon manquant
Une phase d’eau douce
Puijila nous renseigne sur l’évolution des caractéristiques qui ont accompagné la transition de la terre ferme à la mer. Cela comprend les caractéristiques comportementales : par exemple, les restes de Puijila se trouvaient dans les dépôts d’un ancien lac d’eau douce.
Cela laisse à penser que pour une partie des pinnipèdes à tout le moins, la transition de la terre ferme vers la mer ne s’est pas effectuée sur les rives de l’océan, mais qu’elle est passée par une phase d’eau douce.
Natalia Rybczynski met à profit la collection d'ostéologie du Musée pour comparer le crâne de Puijila (dans sa main gauche) au crâne d'une otarie de Steller. On voit à l'arrière le squelette assemblé d'un phoque commun.
Charles Darwin avait pressenti l’existence d’un animal comme Puijila. Traitant des pinnipèdes dans L’origine des espèces par la sélection naturelle (1859), il écrit :
« Un animal strictement terrestre, en chassant quelquefois dans les eaux basses, puis dans les ruisseaux et les lacs, peut arriver à se convertir en un animal assez aquatique pour braver l'Océan. »
Il semblait donc tout à fait approprié de nommer l’animal Puijila darwini en son honneur.
Des origines arctiques?
Puijila peut aussi nous éclairer sur le rôle de l’environnement et de la géographie dans les premières phases de l’évolution des pinnipèdes. Puijila est le premier pinnipède fossile mis au jour dans l’Arctique. Le fait d’y découvrir un fossile primitif peut indiquer que l’Arctique était un centre de dispersion des premiers pinnipèdes. Cela vient à l’encontre de l’hypothèse la plus répandue, selon laquelle les pinnipèdes auraient pour origine la côte Pacifique de l’Amérique du Nord.









