Ces photos ont été prises tout au long du Projet sur la biodiversité de la rivière Frenchman. Le PBRF avait pour but d'évaluer le bilan de santé de cette rivière de la Saskatchewan et la viabilité des activités locales.
Jackie Madill © Projet sur la biodiversité de la rivière Frenchman, 2005
Le cycle de vie d'une moule d'eau douce débute lorsque le mâle libère son sperme dans l'eau. Cette semence pénètre dans la femelle au cours du processus d'alimentation et de respiration. Les oeufs qui se sont développés dans les branchies de la femelle sont alors fécondés.
Après une période de gestation, les larves matures sont expulsées dans l'eau à l'approche d'un poisson hôte convenable. Les larves de la grande anodonte se fixent généralement aux nageoires et demeurent sur le poisson pendant plusieurs semaines, voire des mois, durant l'automne et l'hiver.
Les larves se métamorphosent au printemps et se détachent alors du poisson pour entamer leur vie, enfouies dans le lit du cours d'eau. Les jeunes moules refont surface lorsqu'elles atteignent l'âge de deux ans environ. Elles deviendront des adultes matures vers l'âge de cinq ou six ans, et vivront bien au delà de dix à quinze ans.
Cette illustration représente la grande anodonte, Pyganodon grandis.
Jackie Madill © Musée canadien de la nature
Deux espèces de moules d'eau douce sont présentes dans le système de la rivière Frenchman: la grande anodonte, Pyganodon grandis, et la lampsile siliquoïde, Lampsilis siliquoidea. Elles sont répandues dans le sud et le centre de la Saskatchewan.
On voit ici deux spécimens prélevés dans le Parc national du Canada des Prairies (PNCP) le 14 mai 2002.
La grande anodonte se trouve dans toute la rivière Frenchman, tandis que la lampsile siliquoïde fait son apparition en aval du barrage d'Eastend.
Une étude sur les poissons de cette rivière menée dans le bloc Ouest du PNCP révèle que la tête-de-boule, Pimephales promelas, le méné de lac, Couesius plumbeus, le méné laiton, Hybognathus hankinsoni, l'épinoche à cinq épines, Culaea inconstans et le dard à ventre jaune, Etheostoma exile, se classent parmi les hôtes des larves de la grande anodonte.
Nous ne savons pas encore quels hôtes préfèrent les larves de la lampsile siliquoïde dans la rivière Frenchman.
Les moules d'eau douce se nourrissent en filtrant l'eau et en ingérant des détritus, des algues microscopiques ainsi que des coliformes bactériens, comme ceux des humains ou du bétail. Une moule peut filtrer jusqu'à trois litres d'eau en une heure. Comme les moules sont dotées de cette remarquable capacité de filtration, il importe de les préserver. Et pour cela, il faut aussi protéger les poissons qui servent de moyen de dispersion à leurs larves.
Will Hobbs © Projet sur la biodiversité de la rivière Frenchman, 2005
Lors de l'évaluation des invertébrés aquatiques réalisée en septembre 2003, on a collecté plus de 40 000 spécimens dans 25 sites le long de la rivière Frenchman, en Saskatchewan. On a procédé à de nouveaux prélèvements en août 2004 dans 33 sites à proximité et à l'intérieur du Parc national du Canada des Prairies (PNCP), par exemple dans le ruisseau Rock.
Ces échantillons ont fourni de précieux renseignements sur l'abondance et la distribution des invertébrés aquatiques de ce bassin versant, surtout dans le parc. Ils constituent un intéressant point de comparaison, étant donné les éventuels effets des changements climatiques dans cette région et le rôle d'indicateurs biologiques du bilan de santé de l'écosystème joué par les invertébrés aquatiques.
Jana Berman © Projet sur la biodiversité de la rivière Frenchman, 2005
Parmi les outils utilisés par les élèves travaillant sur le terrain pendant le Projet sur la biodiversité de la rivière Frenchman (PBRF) figurent des appareils photographiques numériques, des cartes topographiques, des trousses d'évaluation de la qualité de l'eau et un guide d'identification des invertébrés aquatiques.
Ce guide a été mis au point dans le cadre du PBRF, à partir de données biologiques recueillies dans le bassin de la rivière. On a donné aux écoles locales, pour utilisation future, les ressources et les outils acquis ou élaborés lors du projet, dont un programme préliminaire de surveillance écologique.
Diane Martz © Projet sur la biodiversité de la rivière Frenchman, 2005
Des chercheurs prennent des échantillons d'eau dans la rivière Frenchman. Dans les prairies, le sulfate présente souvent des concentrations élevées dans les eaux souterraines; on le détecte aussi dans les eaux de surface. Deux sites se trouvant le long de la rivière Frenchman, en Saskatchewan, ont affiché des concentrations très fortes en sulfate associées à des teneurs élevées en calcium, en magnésium, en potassium et en sodium.
Cette combinaison donne à penser que le sulfate provenait des eaux souterraines. À ces concentrations, qui dépassent de deux à trois fois le seuil recommandé dans les directives d'Agriculture Canada, le sulfate peut nuire à la santé du bétail.
Jean Lauriault © Musée canadien de la nature
Les escargots que l'on voit dans cette photo sont des sphaéries appartenant au genre Sphaerium, lesquelles sont plus grandes que celles du genre Pisidium. On les observe fréquemment, vivantes ou mortes, dans le fond de la rivière ou parmi les accumulations de débris. La longueur de la coquille des escargots du genre Sphaerium peut varier entre 8 et 15 mm au maximum.
Les escargots du genre Sphaerium et du genre Pisidium se distinguent des autres bivalves d'eau douce indigènes, comme les moules, du fait que l'adulte incube ses rejetons et les libère alors qu'ils sont au stade juvénile; ceux-ci rampent au fond, sans qu'un poisson intervienne dans leur dispersion. Ces petits bivalves servent souvent de proies aux poissons.
Les bivalves que voici ont été recueillis en octobre 2006 dans environ 30 cm d'eau, juste au-dessus d'un barrage de castors, dans un affluent de la rivière Frenchman.
Jana Berman © Projet sur la biodiversité de la rivière Frenchman, 2005
On voit ici deux types d'escargots : Le plus gros est une lymnée (de la famille des Lymnaeidae) et l'autre, une planorbe (de la famille des Planorbidae).
Les escargots d’eau douce se nourrissent en broutant les détritus ainsi que la pellicule d'algues microscopiques qui se forme à la surface des plantes aquatiques, des roches et d'autres substrats dans les rivières et les lacs.
Certaines espèces sont extrêmement sensibles à la pollution de l'eau, alors que d'autres tolèrent bien la dégradation de sa qualité (par exemple, certaines espèces de physes dans la famille des Physidae).
Les gastéropodes (ou escargots) appartiennent au même embranchement que les moules d'eau douce (mollusques). Ils forment un élément commun et important de la communauté des animaux vivant au fond de la rivière Frenchman, en Saskatchewan.
Jean Lauriault © Musée canadien de la nature
Les deux espèces de moules de la rivière Frenchman sont passablement résistantes. Elles demeurent pourtant sensibles à un haut degré de pollution de l'eau et de dégradation de l'habitat.
En raison de leur dépendance à l'égard des poissons, de leur sensibilité aux stress environnementaux, de leur taille imposante et de la facilité avec laquelle on peut les identifier, le Projet sur la biodiversité de la rivière Frenchman propose d'utiliser les moules d'eau douce comme un indicateur écologique de la qualité de l'habitat de la rivière Frenchman.
Généralement, la présence d'une faune diverse et abondante dans une rivière démontre que l'eau est saine et que la pêche est bonne.
Voici des facteurs environnementaux qui peuvent avoir des effets nuisibles sur les populations de moules d'eau douce d'autres mollusques :
i) la détérioration de la végétation riveraine et des berges elles-mêmes, par exemple l’envasement causé par le piétinement excessif d'humains et d'animaux);
ii) la pollution de l'eau ou l’apport excessif de matières organiques;
iii) la disparition des stocks de poissons et de leur habitat.
Jana Berman © Projet sur la biodiversité de la rivière Frenchman, 2005
Les étudiants de 10e année de l'école d'Eastend et ceux de 9e et 10e année de l'école Val Marie en Saskatchewan ont participé aux activités du Projet sur la biodiversité de la rivière Frenchman dans le cadre de leur cours de sciences.
Les professeurs les ont préparés en leur fournissant des renseignements sur l'écologie du bassin versant et en abordant la chimie de l'eau. Ensuite, un représentant local du PBRF a expliqué aux étudiants comment leur contribution s'insérait dans un projet plus vaste. On leur a présenté de nouvelles notions, comme la « biodiversité », « l'intendance environnementale » et le « citoyen de la science ». On leur a aussi montré à se servir de l'équipement technique et à appliquer les modalités de prélèvement des échantillons et les protocoles de sécurité.
Heather Proctor © University of Alberta
Une analyse des données provenant du Projet sur la biodiversité de la rivière Frenchman et datant de 2004 révèle des différences de qualité de l'eau à l'intérieur du Parc national du Canada des Prairies : des teneurs en azote et en phosphore plus fortes dans le bloc Ouest du parc, un pH et une concentration en carbonates plus élevés dans le bloc Est.
Les communautés d'invertébrés associés aux eaux stagnantes ne présentaient pas de disparité est-ouest, contrairement à plusieurs espèces associées aux eaux courantes. Par exemple, les araignées d'eau du genre Mideopsis n'étaient pas également réparties dans les sites d'eaux courantes, mais se concentraient dans ceux du secteur est.
L'araignée d'eau illustrée ici est une espèce du genre Sperchonopsis.
P. Geraghty © Royal Saskatchewan Museum
Cette illustration représente une larve de phrygane.
Le Projet sur la biodiversité de la rivière Frenchman a également recueilli plus d'un millier d'éphéméroptères et de phryganes, qui indiquent une eau de bonne qualité.
La plupart des invertébrés collectés en 2003 étaient des larves de moucherons (de la famille des chironomidés) caractéristiques des rivières à cours lent des prairies, comme la rivière Frenchman.